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Notre avis honnête sur le restaurant Patsy : au Cœur de Paris

Par Anaïs Blanchard, le jeudi 5 février 2026.

Patsy. Un nom singulier, presque familier, pour une table qui s’annonce d’emblée comme une invitation à l’étonnement. Loin des clichés attendus d’une trattoria parisienne, cette adresse du 9e arrondissement, née des ambitions partagées de Vasyl Andrusyshyn en cuisine et d’Alexandre Bongibault en salle, résonne comme un manifeste. C’est le carrefour de traditions italiennes et d’influences lointaines, une promesse de voyages immobiles à chaque assiette. La Revue a poussé la porte de ce lieu déjà très prisé pour en décrypter les charmes et les saveurs.

L’Esprit Patsy : Quand le Nom Raconte une Histoire Audacieuse

L’histoire derrière le nom « Patsy » est à elle seule une anecdote qui en dit long sur l’esprit des lieux : malicieuse et cultivée. Inspirés par un article du New York Times de 1984 signé William Safire, les deux complices ont exhumé l’origine argotique de ce terme désignant un mafieux un brin naïf, souvent « celui qui prend pour les autres ». Un clin d’œil humoristique aux racines transalpines, tout en soulignant une universalité inattendue – Patsy pouvant désigner aussi bien un Patrick irlandais qu’un Pasquale italien. C’est précisément cette polysémie, cette capacité à embrasser différentes cultures, qui correspond à l’ADN cosmopolite que Vasyl et Alexandre souhaitent insuffler à leur restaurant. Une transition élégante depuis l’ancienne adresse, Pastore, dont le chef Vasyl avait déjà foulé les cuisines, et qui sonne comme une nouvelle page, audacieuse et personnelle.

Une Scénographie Entre Charme Bistronomique et Éclat Méditerranéen

Avant même la dégustation, l’œil est flatté par une atmosphère savamment orchestrée. La devanture, jadis d’un jaune sicilien éclatant, a cédé la place à un vert plus discret, résolument bistronomique. À l’intérieur, les fondamentaux d’un passé parisien ont été préservés – murs grattés, grand miroir au charme suranné – mais le tout a été sublimé par une touche cosy chic. Les garçons ont fait appel à l’architecte d’intérieur Marina Garié, dont la patte discrète a su marier les univers avec une harmonie parfaite. Les couleurs chaudes, bordeaux profond et terracotta douce, évoquent subtilement la Méditerranée, mais aussi la richesse chromatique des quelque 150 références de la cave, promesse d’une belle aventure œnologique. Entre la salle principale et la cuisine ouverte, un espace plus intimiste, paré de banquettes confortables, offre une vue privilégiée sur le ballet des cuisiniers. En sous-sol, une table d’hôtes pour huit convives promet des dîners plus confidentiels, des instants suspendus dédiés à la convivialité.

Ambiance cosy chic du restaurant Patsy, Paris 9e
L’atmosphère raffinée et chaleureuse du restaurant Patsy.
Espace intime avec banquettes au Patsy
Un coin salon intimiste pour des dîners privilégiés chez Patsy.

Le Compas du Goût : L’Itinéraire Culinaire d’un Chef Polyglotte

Le cœur battant de Patsy réside indubitablement dans le parcours hors normes de son chef, Vasyl Andrusyshyn. Élevé en Italie par des parents russo-ukrainiens, il a très tôt fait de la curiosité le moteur de sa vocation. Son apprentissage s’est construit au-delà des contours de la Botte, l’emmenant des cuisines des frères Adrià en Espagne aux tables avant-gardistes de Dom à Sao Paulo, sans oublier l’expérience initiatique du trois étoiles Noma à Copenhague. Ce compagnonnage avec des cultures et des techniques étrangères a forgé chez lui une conviction inébranlable : la cuisine n’a pas de frontières. Chez Patsy, cette philosophie se traduit par une cuisine vive et métissée, où chaque plat est une exploration subtile, un dialogue assumé entre héritage et innovation.

L’Assiette, Un Manifeste de Saveurs Vives et Raffinées

Dans l’assiette, cette conviction prend corps avec une élégance toute particulière. Les plats sont joliment troussés, pensés pour surprendre et réjouir. L’entrée emblématique, un ravioli de choux-rave, feta, pomme Granny Smith et pesto au basilic, est une véritable ode à la fraîcheur. C’est une composition éclatante, vive, qui éveille les sens et met de bonne humeur pour la suite du repas. Non sans avoir pioché avec délectation dans les poireaux rôtis, accompagnés de poires, de noisettes et d’une sauce Cacio e Pepe, un mets que l’on voudrait saucer jusqu’à la dernière goutte. Le plat principal, un cabillaud à la cuisson parfaite, est rehaussé d’une sauce pomme de terre-citron, d’une bagna cauda vibrante qui lui donne du relief, et d’agretti cuisinés avec une précision exemplaire. Pour clore ce festival de saveurs, le dessert autour du chocolat et de l’huile d’olive se révèle être une petite diablerie gourmande, l’apogée d’un déjeuner rondement mené.

Ravioli de choux-rave, feta, pomme Granny Smith et pesto au basilic chez Patsy
Le délicat ravioli de choux-rave, signature de la cuisine métissée de Patsy.

L’Écrin des Millésimes : Une Cave à Vins Éclectique

Complétant l’expérience culinaire, la cave de Patsy est une véritable œuvre d’art, abritant pas moins de 150 références soigneusement sélectionnées. Cette collection éclectique offre un panorama des vignobles italiens et d’ailleurs, avec une attention particulière aux pépites qui sauront dialoguer harmonieusement avec la cuisine audacieuse de Vasyl Andrusyshyn. L’accord mets et vins proposé est une invitation à se laisser guider par les conseils avisés d’Alexandre Bongibault, pour une immersion sensorielle complète. Chaque bouteille est une histoire, chaque verre un cheminement, renforçant l’idée que chez Patsy, le voyage est partout, de l’assiette au palais, en passant par le verre.

La cave aux 150 références du restaurant Patsy
La cave du restaurant Patsy, un écrin de 150 références pour les amateurs de grands crus.

Patsy, l’Adresse Parisienne Qui Fait Déjà Sensation

Le succès de Patsy ne se dément pas. La salle ne ment jamais : elle est pleine, animée, et compte déjà son lot d’habitués. Dans ce quartier parisien pourtant déjà riche en bonnes adresses, Patsy a su tirer malicieusement son épingle du jeu. Elle propose une formule déjeuner au juste rapport qualité-prix qui attire une clientèle exigeante, désireuse de raffinement sans ostentation. C’est une adresse où l’on déjeune avec plaisir pour un rendez-vous professionnel, et où l’on a irrésistiblement envie de revenir le soir, après un spectacle aux Folies Bergère, pour explorer plus avant ce que cette table a encore dans le ventre. Patsy s’affirme comme une nouvelle référence, un lieu où la gastronomie est une expérience à part entière, entre tradition et modernité, toujours avec une élégance discrète.

Informations Essentielles pour une Échappée Gourmande

À la carte, les entrées oscillent de 12 à 20 euros, les plats de 30 à 36 euros, et les desserts de 12 à 14 euros, des tarifs qui reflètent la qualité et la créativité des propositions.

Le menu déjeuner, à 34 euros pour entrée + plat et 38 euros pour entrée + plat + dessert, offre une proposition des plus séduisantes.

Pour les plus curieux, un menu dégustation en 3 séquences est proposé à 48 euros. L’accord mets et vins, à 27 euros, promet quant à lui une exploration harmonieuse des saveurs.

26 rue Bergère, 75009 Paris
Ouvert du lundi au jeudi, au déjeuner et au dîner.
Le vendredi, uniquement au dîner.

Patsy a de très jolis arguments. Que ce soit pour un déjeuner d’affaires réussi ou pour une soirée mémorable après une pièce de théâtre, cette adresse du 9e arrondissement promet une expérience culinaire raffinée et une atmosphère délicieusement parisienne.
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