- Adresse : Bar 1802, au sein de l’hôtel Monte Cristo, Paris 5e.
- Équipe : Donovan Chouari et Paul-Antoine Herbet.
- Chiffres : Près de 1 700 références de rhums et 36 recettes exclusives développées par 5 barmen.
- Nouveauté : Le menu « Cycles », une carte de cocktails temporelle et évolutive lancée de mai 2026 à mai 2027.
Situé dans le 5e arrondissement de Paris, au sein de l’élégant hôtel Monte Cristo, le bar 1802 s’est imposé comme un véritable sanctuaire pour les amateurs de spiritueux et de haute mixologie. Avec une impressionnante collection de près de 1700 références de rhums, dont une quarantaine d’embouteillages exclusifs, l’établissement est reconnu par les connaisseurs comme le plus grand bar à rhum au monde. Dirigée depuis près de trois ans par Donovan Chouari et Paul-Antoine Herbet, l’équipe du bar continue de faire évoluer son art. Après le succès de leur précédente carte intitulée « Matières », les deux experts et leurs collaborateurs reviennent sur le devant de la scène avec « Cycles », un menu de cocktails particulièrement ambitieux pensé comme une chronologie du goût.
Une exploration temporelle de la matière première
Ce nouveau menu, lancé en mai 2026 et prévu pour durer jusqu’en mai 2027, marque un tournant dans l’approche créative de l’établissement. L’objectif de cette carte est de démontrer qu’un seul ingrédient recèle une multitude de facettes gustatives insoupçonnées selon son traitement. Pour relever ce défi, l’équipe a structuré sa démarche autour d’un triptyque temporel. Durant un an, la thématique reste identique, mais la liste des boissons est entièrement renouvelée tous les quatre mois. Trois sessions se succèdent ainsi pour offrir un total de trente-six recettes exclusives.
Pour la première phase de ce projet, quatre ingrédients phares ont été sélectionnés pour traverser les époques: le café, le lait, le piment et le citron. Chaque ingrédient se décline en trois cocktails distincts correspondant soit à son cycle de vie biologique, de la graine au fruit, soit aux différents visages qu’il a revêtus à travers l’histoire humaine. Six mois de travail et de recherche, portés par l’ensemble des cinq barmen du lieu, ont été nécessaires pour donner naissance à ce projet d’envergure.
Un écrin de cuir pour guider la dégustation
Pour présenter cette carte complexe, le bar a collaboré avec des artisans locaux afin de proposer un objet d’art de vivre unique. La créatrice parisienne Jessica Choupis a conçu un porte-menu sur mesure en cuir noble, qui abrite trois carnets distincts. Le carnet blanc incarne le passé, le vert symbolise le présent, et le rouge invite à explorer le futur. La mise en page et le choix des polices de caractères s’adaptent à chaque temporalité pour offrir une immersion visuelle immédiate.
Cette attention se prolonge dans le service, particulièrement soigné. La capacité d’accueil intimiste du bar permet à l’équipe de prendre le temps nécessaire avec chaque client, expliquant les processus et les intentions derrière chaque création grâce à un livret bilingue explicatif.
Café vert · la fraîcheur végétale venue du Salvador
Pour illustrer le passé de la graine de café, la carte propose le cocktail Café vert, une création qui surprend par son profil heracé et sa fraîcheur. L’équipe a sourcé une variété rare de café appelée Bernardina, cultivée exclusivement à la ferme Pacas au Salvador, où elle a été découverte en 1986. Ce grain, utilisé avant torréfaction, développe des arômes très végétaux.
Pour évoquer l’arrivée historique du café par le port de Marseille, l’équipe a imaginé une infusion de badiane qui rappelle subtilement les notes de pastis. La recette mêle un rhum Diplomatico Planas infusé au café vert, une eau de concombre infusée à la badiane et un sirop de melon lacto-fermenté. La fermentation apporte une belle acidité en bouche, tandis que le concombre, très présent au nez, s’efface pour laisser place à la finale gourmande et longue du café et du melon. Une version sans alcool à base de Martini floreale infusé au café est également proposée.
Citron noir · une réinterprétation du rhum-cola
Le voyage se poursuit dans le présent avec un travail remarquable autour du citron noir et de la feuille de citronnier. Ce cocktail se compose de deux verres distincts à déguster en alternance pour apprécier la complexité de l’agrume sous deux angles complémentaires. Le premier contenant, un gimlet, associe un rhum de la distillerie Savanna à un sirop de citron noir et à un vinaigre de noix de kola et de Coca-Cola fait maison.
Le second contenant, un highball aérien, associe le même rhum à une infusion de feuilles de citronnier et à des huiles essentielles de l’arbre. Le gimlet apporte une douceur sirupeuse et des notes familières de cola, tandis que le highball se distingue par sa sécheresse et ses notes amères et pétillantes. L’alternance des deux verres crée un équilibre saisissant en bouche, la sucrosité de l’un venant tempérer la rigueur de l’autre sans jamais la masquer.
Lait distillé · la texture veloutée d’un Martini du futur
La projection vers le futur s’exprime de manière spectaculaire à travers le Lait distillé, un cocktail de caractère servi à une température extrême de -13 degrés. La base de cette boisson repose sur une eau-de-vie de lait de chèvre, obtenue après une infusion de vingt-quatre heures dans un rhum Wray & Nephew, puis distillée à froid grâce à un évaporateur rotatif, le rotavap.
Cette technique moderne est complétée par une eau-de-vie de framboise, un vermouth sec, de la feuille d’avocatier et une vaporisation d’essence de pamplemousse. Le résultat est saisissant: le nez s’ouvre délicatement sur des notes de fruits rouges et de vermouth, avant qu’une attaque vive et chaleureuse en bouche ne rappelle la puissance du rhum. La finale se révèle d’une douceur enveloppante, presque lactée, offrant une complexité aromatique remarquable.
Informations pratiques sur le Bar 1802
- Adresse: 22 rue Pascal, 75005 Paris
- Type de cuisine: Bar à cocktails et bar à rhum