- Localisation : Marseille, dans le quartier d’Endoume.
- Chef et table : Gérald Passedat, chef triplement étoilé du restaurant Le Petit Nice.
- Chiffres clés : Une maison de 58 m² au cœur d’un litige pour des travaux non autorisés menés de 2022 à 2023.
- Nouveauté : Report de l’audience au 12 mars prochain suite à l’obtention d’un permis de mise en conformité.
L’Anse de Maldormé, véritable joyau de la côte marseillaise, abrite non seulement l’un des temples de la gastronomie marine mondiale, mais se retrouve également au cœur d’une attention médiatique d’un tout autre genre. Le célèbre chef triplement étoilé du Petit Nice, Gérald Passedat, fait face à d’importants défis administratifs et judiciaires liés à une propriété personnelle située dans le quartier d’Endoume. Le 4 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Marseille a pris la décision de renvoyer l’examen de son dossier d’urbanisme au 12 mars prochain, accordant ainsi un sursis crucial au cuisinier pour achever la mise en conformité de son bien immobilier.
Une affaire d’urbanisme sous les projecteurs marseillais
Le dossier concerne une bâtisse à l’architecture typique du septième arrondissement marseillais, acquise par le chef dans le quartier très recherché d’Endoume. D’une superficie de 58 mètres carrés, cette petite maison est devenue le point de départ d’un feuilleton judiciaire complexe suite à des travaux de rénovation et de démolition entrepris sans les autorisations réglementaires nécessaires. Les faits, qui s’étalent sur une période allant de février 2022 à janvier 2023, avaient initialement conduit à des poursuites pour exécution de travaux non autorisés et démolition sans permis de construire.
La justice marseillaise avait prononcé une première condamnation le 7 novembre 2025, mais la présidente de la sixième chambre correctionnelle, Margaux Kennedy, avait fait le choix d’ajourner le prononcé de la peine. Cet ajournement visait à laisser au chef étoilé le temps matériel nécessaire pour régulariser sa situation et effectuer les travaux de remise en conformité indispensables, sous peine de sanctions plus lourdes.
Un nouveau permis de construire pour la mise en conformité
Lors de l’audience de rentrée de septembre 2026, la défense du chef cuisinier a pu présenter des arguments tangibles démontrant sa volonté d’avancer dans la résolution de ce conflit d’urbanisme. La défense de Gérald Passedat a ainsi confirmé l’obtention d’un nouveau permis de construire en mars dernier, une étape administrative indispensable pour entamer légalement les corrections architecturales exigées par la municipalité.
Ce sésame administratif a permis de débloquer immédiatement la situation opérationnelle sur le chantier d’Endoume. Des devis détaillés ont été validés auprès d’entreprises locales du bâtiment et les équipes techniques ont d’ores et déjà débuté les travaux de restructuration pour corriger les infractions initiales.
Les contraintes techniques d’un rabotage de toiture
La mise en conformité de cette habitation de 58 mètres carrés s’avère particulièrement technique en raison de l’évolution récente de la réglementation locale. En effet, les modifications successives du Plan local d’urbanisme de la métropole marseillaise ont restreint les hauteurs de construction autorisées dans cette zone côtière hautement protégée. Le nouveau Plan local d’urbanisme impose désormais une hauteur maximale de 7 mètres au lieu des 7,50 mètres initialement tolérés, forçant le propriétaire à repenser la structure haute de sa bâtisse.
Cette différence de cinquante centimètres oblige les équipes d’architectes et de maçons à réaliser un véritable travail de précision. Il s’agit concrètement de raboter la toiture afin d’abaisser le faîtage de la maison à la hauteur réglementaire requise, une opération délicate qui modifie l’équilibre architectural global du bâtiment tout en respectant l’identité visuelle du quartier.
Un renvoi judiciaire face aux réserves du parquet
L’obtention de ce nouveau délai n’a pourtant pas été un automatisme lors des débats au tribunal de Marseille. Le ministère public a manifesté une certaine réticence face à cette nouvelle demande de report formulée par les conseils du chef marseillais. Le procureur de la République s’est déclaré réservé quant à ce renvoi, mettant notamment en avant l’encombrement chronique des rôles de la juridiction marseillaise et la nécessité de clore les dossiers d’urbanisme qui traînent depuis plusieurs années.
Cependant, le tribunal a estimé qu’il était préférable de juger l’affaire une fois la conformité pleinement établie plutôt que de sanctionner prématurément un prévenu engagé dans des démarches actives. La présidente de la juridiction a donc ordonné le renvoi officiel, insistant sur le fait que ce temps additionnel devait permettre au chef d’apporter toutes les preuves matérielles et administratives de la bonne exécution des travaux requis.
L’attachement d’un chef à son territoire côtier
Gérald Passedat est une figure indissociable de Marseille et de la gastronomie phocéenne, incarnant à travers sa cuisine une relation fusionnelle avec la mer Méditerranée et le terroir provençal. Sa table du Petit Nice, suspendue au-dessus des vagues, attire une clientèle internationale exigeante, séduite par sa vision de l’art de vivre méditerranéen. Le chef triplement étoilé défend depuis des décennies la préservation des paysages marins et la mise en valeur du patrimoine local, une posture qui rend ce conflit d’urbanisme particulièrement sensible pour son image publique.
Cette maison d’Endoume s’inscrit dans un projet de vie personnel, au cœur d’un quartier de pêcheurs devenu l’un des secteurs les plus prisés de la ville pour son charme authentique. La volonté de régularisation affichée par le chef témoigne de son souhait d’apaiser les tensions avec le voisinage et les autorités locales, tout en démontrant qu’un créateur, aussi célèbre soit-il, reste soumis aux mêmes règles collectives de protection du littoral.
La plaidoirie de la bonne foi par la défense
Au cours des différentes audiences, l’avocate du chef étoilé, Maître Julie Savi, s’est employée à démontrer que les infractions commises initialement ne découlaient en aucun cas d’une volonté délibérée de contourner la loi ou de s’affranchir des règles communes. La défense a plaidé avec force la parfaite bonne foi de son client, rappelant que l’intention délictuelle était totalement absente de ce dossier de rénovation résidentielle.
La prochaine étape cruciale est désormais fixée au 12 mars, date à laquelle le tribunal examinera les pièces justificatives de la fin des travaux. Pour Gérald Passedat, cette échéance devrait marquer le point final d’un parcours administratif tumultueux, lui permettant de se consacrer pleinement à son art culinaire et à la gestion de ses prestigieux établissements marseillais.
Informations pratiques sur Le Petit Nice
- Adresse: Anse de Maldormé, Colline de l’Endoume, 13007 Marseille
- Site officiel: passedat.com
- Type de cuisine: Gastronomique / Marine